Il est des moments comme ça, où l’émotion prend le pas sur la compétition, où la magie s’invite en plein centre du champ de jeu. Certaines équipes ont pu vivre ces moments intenses. Les unes gagnant leur ticket pour le niveau supérieur de la compétition, les autres ruinant leurs derniers espoirs dans les derniers moments d’un match pas comme les autres.
Trois matchs ont particulièrement marqué l’histoire du tournoi mondial : les quarts de finale entre l’Australie et l’Irlande lors de la Coupe du Monde de Rugby 1991, la demi-finale de 1987 entre l’Australie et la France et la finale de 1995 opposant l’Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande.
Australie 19 / Irlande 18
Lors des quarts de finale 1991, sur la pelouse de Lansdowne Road à Dublin, l’Irlande mène l’Australie de trois points, suite à un essai du local Gordon Hamilton. A quelques minutes de la fin du match, le score est de 18 à 15 pour les Irlandais.
Tout indiquait que l’Irlande allait se qualifier pour les demi-finales en battant les Australiens. Mais ces derniers n’étaient visiblement pas prêts à lâcher l’affaire. La demi-finale, ils la rêvaient, ils la voulaient. Pour la dernière remise en jeu du match, le capitaine australien, Michael Lynagh veut tenter une technique que son équipe a travaillée durant toute la semaine précédente, à savoir une remise en jeu à destination directe des arrières.
David Campese se saisit de la balle et commence à foncer en direction des Irlandais qui l’attendent de pied ferme. Pendant ce temps, Michael Lynagh en profite pour contourner tout le monde et rejoindre Campese parti devant. C’est alors que celui-ci, trompant la vigilance des Irlandais, lance à la dernière seconde la balle en direction de son capitaine. Lynagh l’attrape au vol, accélère la cadence et s’en va marquer l’essai de la victoire.
Dans les tous derniers moments du match, l’Australie devança l’Irlande d’un petit point, 19 à 18, qualifiant ainsi les Wallabies pour les demi-finales.
France 30 / Australie 24
Sans doute encore plus excitant est ce match qui vit s’affronter la France à l’Australie, en demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby 1987 en Australie. A Sydney, l’ambiance était à son comble au vu de ce match fantastique où de grands joueurs s’affrontaient. D’un coté les Français avec Serge Blanco, Philippe Sella, Didier Camberaro ou Pierre Berbizier et de l’autre les Australiens avec David Campese, Simon Poidevin, Michael Lynagh ou encore Nick Farr-Jones.
Les meilleurs joueurs donnaient une prestation d’excellence. Pourtant, pour la France, le destin semblait scellé et le rêve de finale s’éloignait. Dans les dernières minutes du temps réglementaire, l’Australien Lynagh marque une pénalité pour son équipe amenant le score 24 à 21. En retour, Didier Camberaro fait de même pour les Français. Les deux équipes sont à égalité, 24 partout. C’est lors des prolongations que le sort va changer.
La fantaisie, la dynamique et l’opportunisme de l’arrière Blanco vont faire la différence. Apres une course ultime de trente mètres, il écrase le ballon ovale au coin de l’en-but australien. La partie est jouée. Les Australiens s’inclinent 24 à 30. La France de son coté remporte son ticket pour la première finale de l’histoire de la Coupe du Monde de Rugby.
Afrique du Sud 15 / Nouvelle-Zélande 12
L’Afrique du Sud à son tour n’a pas déçu ses supporters qui se rassemblèrent pour encourager leur équipe lors de leur première participation à la Coupe du Monde de Rugby en 1995. Portée par tout un peuple, l’Afrique du Sud arriva en finale contre la Nouvelle-Zélande.
En ce jour de juin 1995, le stade Ellis Park de Johannesburg affichait près de 63 000 spectateurs. Lorsqu’arriva la fin du match, les deux équipes étaient toujours à égalité de points 9 partout. L’arbitre siffla donc les prolongations. A ce moment, les supporters des deux équipes étaient persuadés que la coupe Webb Ellis allait revenir à leurs joueurs. Le Néo-zélandais Andrew Merthens marqua une pénalité pour son camp. Quelques minutes plus tard, ce fut au tour de Joel Stransky pour les Sud-africains. Le score affichait un inquiétant 12 partout.
Dans les tous derniers moments de la rencontre, Stransky, encore lui, tenta un drop-goal de la dernière chance. Contre toute attente, le but fut marqué et le score ramené 15 à 12. Dans les tribunes, même le président sud-africain Nelson Mandela ne put contenir sa joie. Et c’est avec le maillot de son équipe sur les épaules qu’il remit fièrement la Coupe Webb Ellis au capitaine François Pineaar.