Lors d'un match scolaire disputé il y a 10 ans, un jeune joueur prit l'équipe en mains et remporta la victoire. La Paarl Boys High battit Stellenberg 5-0, un matin d'hiver typique du Cap. Les conditions atmosphériques étaient telles que quelques très bons joueurs parurent ordinaires. Corne Krige fut quant à lui exceptionnel.
Il domina ses adversaires de la tête et des épaules, pas en taille mais en stature. Il prit les choses en mains et sonna la charge. Montrant l’exemple même dans des situations délicates. Cette performance me reste en mémoire parce qu'elle me rappelle en permanence que les qualités de leader de Krige existent depuis toujours.
Leader dans l'âme
Dans le contexte du rugby professionnel sujet à haute pression, il lui fallut s'adapter et il a sans aucun doute mûri au fil de chaque saison. Mais on n'a jamais appris à Krige à faire le premier pas, à être un leader. Ces éléments ont toujours fait partie de sa personnalité.
C'est peut-être pour cela que les deux défaites et 50 points encaissés face à l'Angleterre et à la Nouvelle-Zélande, au cours des douze derniers mois, l'ont profondément affecté. Il déclara avoir eu la nausée après celles-ci; comme un sentiment de désespoir et de trahison.
"Je pense que certains joueurs ont démissionné, lors de ces deux matchs. C'est impardonnable. C'est cela plus que la défaite qui m'a écoeuré. Je monterais au front pour le rugby sud-africain. Je suis prêt à saigner pendant 80 minutes. La douleur fait partie du rugby. Renoncer est, à mon sens, le pire crime qu'un joueur puisse commettre. Je ne veux plus jamais connaître ce genre de déception."
Krige reconnaît ses erreurs
Confirmé dans ses fonctions de capitaine six mois avant la Coupe du monde, la désignation de Krige a été unanimement approuvée dans les cercles du rugby sud-africain. Ce n'est pas un hasard si, en Nouvelle-Zélande, on rend hommage à son engagement physique. Alors qu'en Australie et en Angleterre, les médias brossent une autre image de lui.
"J'ai commis des erreurs dans mon approche du match contre l'Angleterre, à Twickenham. J'ai fait les excuses qui s'imposaient auprès des gens concernés. Mais je ne m'excuserai en rien pour la façon dont je joue. Le rugby international est rude. Je joue de façon rugueuse mais correcte."
"Si vous vous comportez comme il le faut et que vous défendiez le maillot comme des morts de faim, alors la victoire reste possible. En tant que capitaine, c'est un point sur lequel je n'accepterai aucun compromis. Je reconnaîtrais, à contre-coeur, que l'adversaire du jour est meilleur que nous. Mais je ne peux admettre que quelqu'un en veuille plus qu'une équipe Springbok."
La réputation du rugby des Springboks est bâtie sur cette légende de joueurs rugueux. La liste des blessures de Krige est impressionnante et un autre que lui aurait déjà renoncé. Mais après chaque blessure, il est revenu plus déterminé que jamais.
Résumé tiré de World of Rugby n°6.