Lors de la dernière conférence de presse, hier vendredi, et avec la finale de la Coupe du Monde de Rugby qui se profilait à l’horizon, Clive Woodward, le coach anglais était comme un marin, prêt à affronter une nouvelle journée en mer, avec tout son équipage.
« A huit heures demain soir, il s’agira simplement d’un match entre deux bonnes équipes. On s’est entraîné pour ce match de la même façon que pour les autres."
"Ce qui doit arriver arrivera. Nous voulons gagner et je ne me soucie de rien d’autre. »
Empêcher que l’histoire ne se répéte
Les raisons de Woodward de ne rien changer à ses habitudes peuvent se comprendre à la lumière de la Coupe du monde 1991, quand l’Australie avait rencontré l’Angleterre en finale.
Il y a douze ans de cela, l’Angleterre avait un jeu basé sur ses avants, avec un demi d’ouverture tapant très souvent au pied, exactement comme aujourd’hui.
Les similitudes ne s’arrêtent pas là.
Après avoir été critiqués dans la presse pour leur jeu ennuyeux, ils avaient complètement changé de style en finale, passant à un rugby fait de courses.
Les Wallabies étaient eux connu pour leur jeu au large avec des joueurs aussi imprévisibles que Campese.
Mais les Australiens avaient également changé de méthode, optant pour un jeu orienté vers les avants.
L’Angleterre s’était inclinée 12-6 et ne pensez pas une seconde que Clive Woodward l’ait oublié.
Et s’il l’a oublié, il n’a qu’à demander au pilier Jason Leonard, qui avait démarré le match à Twickenham, pourquoi son équipe devrait conserver le même plan de jeu. Et sans s’adresser à Leonard, il lui suffisait de se pencher par la fenêtre pour entendre les gens crier « boring, boring (ennuyeux) ».
La préparation
Rien ne va changer dans la préparation d’après le coach anglais. “Ce n’est pas une science exacte comme le lancement d’une fusée… Toute la préparation a été faite et il s’agit simplement maintenant de remplir les heures jusqu’au coup d’envoi. »
« Demain, (aujourd’hui), les joueurs passeront l’après-midi de façon individuelle et feront ce qu’ils voudront. Ce n’est que dans la soirée que nous commencerons à appréhender le match. »
Dans les vestiaires, avant le match, Woodward ne fera pas de sermon d’avant-match musclé.
« Ce sera très calme et très cool. Nous allons parler du coup d’envoi, du début du match si nous recevons ou donnons l'engagement, des dix premières minutes.
Nous avons une équipe très, très expérimentée avec des leaders comme (Martin) Johnson et (Lawrence) Dallaglio… Ils savent comment appréhender cela et demain (aujourd’hui) ne sera pas différent. Il s’agit de gagner le match et rien d’autre.
Tout peut arriver
« Mais Woodward admet que vous avez beau préparer votre bateau pour partir en mer, quand vous êtes dans le box des coaches et que la tempête se lève, tout peut arriver. »
« J’essaye de penser de façon claire et de ne pas être emporté par les émotions inhérentes à cette occasion… cela dure généralement une minute et après on devient fous. On dit les choses justes dans le vestiaire mais quand le coup de sifflet retenti tout cela n’a plus grande importance. »
Comme un vieux capitaine, il a vu le rugby de son pays sombrer auparavant devant une tempête semblable. Il sait que pour maintenir son bateau à flot pendant quatre-vingts minutes à partir du coup de sifflet initial, il doit faire confiance à ses fondations solides.
“On veut juste gagner le match et rentrer à la maison”, a conclu Woodward.