"Quoiqu'il se soit passé auparavant, lorsque nous rencontrerons de nouveau la Nouvelle-Zélande, la France, l'Australie, l'Afrique du Sud ou n'importe qui, tout sera à recommencer. Nous repartons à zero- zéro."
C'est ainsi que le capitaine anglais Martin Johnson, 33 ans, décrit son prochain match. Le rugby est sa profession, un boulot qu'il faut assumer comme un autre. Sans gâchis, sans frivolité, sans excuse et sans trop sourire.
Johnson fut la pierre angulaire des succès répétés des Anglais, sans oublier les victoires héroïques en Coupe d'Europe de son club de Leicester. Il fut immense, résolu et déterminé à défendre chaque cause, montrant l'exemple en tant que joueur et capitaine avec le XV de la Rose, entraînant les autres derrière lui.
Sur les traces de Colin Meads
Sa froide détermination est une qualité innée. Johnson a progressé au travers des différentes sélections nationales anglaises depuis les Scolaires et les Juniors; et lorsqu'il partit en Nouvelle-Zélande, il joua pour King Country, où il marcha sur les traces de Colin Meads, et termina par une sélection pour la tournée des Juniors néo-zélandais en Australie.
Avec ses 1m98 et presque 120kg, Johnson se doit d’être au top physiquement et il l'est. Impérial en début d'alignement, bataillant ferme, rattrapant les échappés par le col, pilonnant dans les regroupements, manoeuvrant dans les mauls, un coup de gueule, un regard noir, une tape d'encouragement, un signe de tête - mais pas plus - pour féliciter le marqueur.
Quelques mots poignants avant le coup d'envoi, quelques autres de plus à la mi-temps, une gorgée d'eau lors d'un arrêt de jeu, un juron, une récrimination auprès de l'arbitre. Le boulot du capitaine.
En novembre, si ses grands bras se lèvent et si ses yeux se tournent vers le ciel pour regarder cette coupe Webb Ellis, alors là - et seulement là - vous le verrez sourire. Mais ne vous mettez pas auparavant en travers de son chemin.
Résumé tiré de World of Rugby n°6.