La Coupe du Monde 2003 n’a plus la même saveur pour Ignacio Corleto depuis que l’Argentine a quitté la compétition, mais rugbyworldcup.com a pu vérifier que sa passion pour le rugby reste intacte.
L’arrière des Pumas a profité de quelques jours de vacance à Buenos Aires après avoir quitté l’Australie après l’élimination de l’Argentine en poule. Il se prépare à prendre demain l’avion pour Paris afin de regagner le Stade Français, le club avec lequel il remporta le titre de champion de France l’an passé.
Il est dès lors normal que Corleto ait un faible pour la France quand on lui demande son pronostic pour le reste du Tournoi, bien qu’il reconnaisse que tout peut se produire quand l’enjeu est tel.
Mais que pense-t-il des demi-finales de ce week-end, à commencer par le choc de l’hémisphère sud entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie, que Corleto a affronté en ouverture de cette Coupe du Monde ?
Les Wallabies en progrès
“ L’Australia a parcouru du chemin depuis que nous les avons joué,” explique Corleto, qui se souvient très bien de l’ambiance du match d’ouverture le 10 octobre où la quasi-totalité des 81,350 supporters du Telstra Stadium encourageait les Wallabies.
“ Contre nous ils n’ont pas bien joué parce que c’était le premier match [du tournoi] et donc plus difficile. Par la suite ils ont évolué et maintenant ils jouent mieux. C’est normal qu’ils soient en demi-finale.
“ Je pense qu’après avoir joué contre nous, l’Australie avait des doutes sur son jeu, mais maintenant ils ont trouvé leur voie.”
Ce joueur de 25 ans, qui a quitté le C.U.B.A (Club Universidad Buenos Aires) pour rejoindre le club français de Narbonne en 2001 avant d’intégrer le Stade Français, pense également que certaines équipes sont presque effrayées à l’idée d’affronter les champions du monde en titre.
“Ils nous ont posé des problèmes en mêlée. Ils ont des arrières avec de grandes qualités et habiles avec le ballon. Ils possèdent aussi un bon leader en la personne de [George] Gregan, un bon botteur et c’est une équipe bien équilibrée”, dit Corleto.
'Un ton au-dessus'
“Nous avons essayé de ralentir le jeu contre l’Australie parce que si on avait voulu jouer leur jeu, notre défense aurait été désorganisée, alors nous avons essayé de les faire rentrer dans notre jeu.”
Cependant ‘Nani’, comme Corleto est surnommé, estime que c’est la Nouvelle-Zélande qui a le plus de chances de participer à une troisième finale, même si elle possède d’après lui un point faible.
“Je pense qu’ils [les Néo-Zélandais] vont gagner. Ils jouent bien. Avant la Coupe du Monde et maintenant, ils ont fait de bons matchs. C’est une équipe qui joue plus vite et qui est un cran au-dessus de l’Australie”, affirme Corleto.
“Mais on ne sait jamais … ça pourrait pencher de l’autre côté. Ce qu’il manque aux Néo-Zélandais c’est un bon buteur. Ils doivent trouver un botteur, mais il ne fait aucun doute qu’ils forment une équipe très complète dans la manière dont ils jouent.”
Un match « très serré »
Pour la seconde demi-finale, le cœur de Corleto penche vers la France, l’arrière aux 28 sélections affirmant qu’il “aimerait voir la France l’emporter” tout en reconnaissant que “l’Angleterre possède une défense solide” et que “le match va être très serré”.
“L’Angleterre a commencé en jouant bien mais montre maintenant des carences. Ils ont un bon buteur qui marque à la moindre occasion – pénalités, drops, coups de pied tactiques – mais le plus important est que peu d’équipes ont une défense aussi bonne et aussi solide que l’Angleterre.
“La France joue à la Française, ils font courir le ballon d’un côté à l’autre. Leur mêlée est un petit peu meilleure que celle de l’Angleterre… ça va être un match serré. ”
Corleto sait qu’un grand nombre de facteurs peuvent influencer la performance d’une équipe et se garde bien d’être trop catégorique quant au futur conquérant de la Coupe Webb Ellis le 22 novembre.
Un ménage à trois ?
“La France ou la Nouvelle-Zélande ou l’Angleterre” propose Corleto. “La Nouvelle-Zélande pourrait jouer la finale mais peut-être pas la gagner. Quant à moi j’aimerais voir la France gagner parce que j’aime leur jeu.
“Lors de la dernière Coupe du Monde les Français ont montré comment battre la Nouvelle-Zélande.
“Il faut regarder comment chaque équipe se débrouille ce week-end. S’il y a des blessés, comment elles sont sur le plan psychologique, qui finit le plus fatigué, etc. La finale c'est autre chose.”