Pour George Gregan, le rideau sur son épopée en Coupe du Monde de Rugby tombera demain, dans le plus beau des théâtres, le Telstra Stadium de Sydney, et pour la plus intense des représentations, la finale face à l’Angleterre.
Le demi de mêlée le plus capé de l’histoire du rugby australien jouera en effet son dernier match dans la compétition mondiale.
A la veille de son ultime rencontre, le vétéran de trois épreuves, dont une campagne victorieuse en 1999, se livre, sans pudeur :
« La semaine dernière face aux All Blacks, nous avons joué comme si c’était le dernier match que nous jouions ensemble. Personnellement, c’est ma dernière Coupe du Monde de Rugby, il n’y aura pas de lendemain. Je dois donc tout donner », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse hier matin.
Une excitation palpable
A trente ans, et en dépit de nombreuses années passées au plus haut niveau, George Gregan ressent encore une pression immense avant de pénétrer sur le pré.
« C’est somme toute logique. Je vais quand même jouer une finale de coupe du monde ! Celui qui n’éprouverait rien ne pourrait être qu’un extra-terrestre. L’excitation est d’ailleurs très palpable au sein du groupe.
« Nous avons travaillé très dur pour arriver à ce stade de la compétition. Nous débordons maintenant d’enthousiasme à l’entraînement mais n’attendons qu’une seule chose, en découdre sur le terrain ! »
La défaite comme émule
Gregan est l’un des deux survivants (avec Matt Burke) de la dernière défaite de l’Australie en coupe du monde, qui remonte à 1995. Ironiquement, celle-ci advint face au XV de la Rose. La faute à ce diable de Rob Andrew, auteur d’un drop dans les arrêts de jeu de la partie.
Depuis cette désillusion, l’Australie a enchaîné la bagatelle de douze victoires dans l’épreuve. Le chiffre treize leur portera-t-il malheur demain soir ?
« Je n’envisage pas la défaite. Je l’abhorre. La semaine dernière, j’ai ressenti de la tristesse pour quelques Néo-Zélandais que je connais personnellement. Mais c’était moi contre eux ce jour-là. Tout les joueurs de notre équipe ont expérimenté la défaite, et elle a un goût amer. J’aime la victoire et l’allégresse qui la suit, les sourires, les chants… Mais cela nécessite un travail énorme au préalable. »
Le soutien de tout un peuple
George Gregan est convaincu que l’appui grandissant du public, au fur et à mesure des matches, a beaucoup joué dans leur progressive montée en puissance.
« Chaque fois que nous revêtons le maillot des Wallabies, nous nous sentons redevables vis à vis du peuple australien, de nos familles, de nos amis…
« C’est évidemment à ce stage de la compétition que l’engouement et la ferveur des supporters se font particulièrement palpables. »
La confiance règne
Comme lors de la campagne de John Eales et ses hommes en 1999, la confiance est de rigueur dans le groupe wallaby. George Gregan affirme que la nervosité qui l’habitait avant la demi-finale s’est transformée en assurance.
« Je pense que la tension au sein de l’équipe a atteint son apogée lors du quart de finale face à l’Ecosse. C’est compréhensible car à ce stade de la compétition, c’est du quitte ou double : ou vous passez ou vous rentrez chez vous.
« Nous avons beaucoup travaillé, ce qui nous conforte dans nos positions et nous amène un plus dans notre capital confiance. Sans toutefois manquer de respect à l’Angleterre, une équipe pour qui nous avons beaucoup d’estime.
La victoire à tout prix
Parce-qu’il est au crépuscule de sa carrière et qu’il a acquis au fil des ans l’expérience propre aux grands joueurs, il sait ce que l’Australie doit faire pour l’emporter :
« La discipline avant-tout, dans tout ce que nous entreprendrons, attaque comme défense. Là est la clé. » Et puisque vous la détenez, ouvrez vous les portes de la gloire monsieur Gregan.