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Thomas Castaignède  © Getty Images
Trempé jusqu'aux os, Castaignède réussit la pénalité de la victoire française à Lansdowne Road en 99

Des "France-Irlande" inoubliables

8/11/2003
Par Delphine Girard

La France se prépare à rencontrer l’Irlande dimanche pour la 79ème fois de son histoire. Les deux équipes se connaissent donc bien. Mais certains matches ont plus marqué les mémoires que d’autres.

La France s’impose à Lansdowne Road

Jusqu’à la dernière minute, les Irlandais ont cru qu’ils avaient le match en main le 6/02/1999. Mais c’était sans compter l’adresse au pied d’un Thomas Castaignède qui réussissait la pénalité de la victoire. La France s’imposait 10 à 9 chez les Irlandais.

Sous une pluie battante, les Français semblaient bien hésitants et désorganisés en première période. Pénalisés sur hors-jeu, les Bleus encaissaient deux pénalités coup sur coup réussies par David Humphreys. L’Irlande menait alors 6 à 0.
 
De retour des vestiaires, Humphreys permettait à son équipe de mener 9 à 0, mais la physionomie du jeu allait changer du tout au tout. La réaction allait venir des avants français qui sur un ballon gagné en touche, envoyait leur centre Richard Dourthe à l’essai. Castaignède transformait et ramenait les Bleus à deux points des Irlandais.

Le temps empirait et le vent empêcha Castaignède de réussir la pénalité qui aurait donné l’avantage à la France. Mais le XV tricolore gardait la tête froide et mettait le XV du Trèfle sous pression. Pénalisés dans leurs 22, les Irlandais concédaient une ultime pénalité. Cette fois Castaignède n’allait pas rater sa deuxième chance. Pour la première fois du match, la France prenait l’avantage 10 à 9. Vexés, les Irlandais lancèrent une dernière attaque qui poussa la France à la faute. Au plus grand dam du public irlandais, le demi d’ouverture Humphreys ne passa pas la pénalité. Le score resta inchangé : 10 à 9 pour la France.

La fin d’un règne

Comme ce France-Irlande du 19 mars 2000 où le XV du Trèfle l’a emporté 27 à 25 sur la pelouse du Stade de France. Fabien Pelous, Gérald Merceron et David Bory, seuls rescapés de l’équipe de France actuelle, s’en souviennent certainement encore.  La France n’avait pas été battue à domicile par les Irlandais depuis 1972 ! Devant 65 000 personnes, les Bleus qui menaient à la mi-temps 13 à 7, ont été remontés par les Irlandais qui y ont cru jusqu’au bout. Le figthing spirit irlandais dans toute sa splendeur.

Dominateurs en première période, les Bleus doivent beaucoup dans cette rencontre à leur buteur, Gérald Merceron. En réussissant les deux premières pénalités du match, il donnait l’avantage à la France. Mais le jeune Brian O’Driscoll (21 ans, à l’époque) allait donner du fil à retordre aux défenseurs français. Il inscrivit le premier essai du match sous les barres à la 21ème minute. O’Gara transformait en suivant. La réponse de la France ne se faisait pas attendre quand Christophe Laussucq exploitait à son avantage une pénalité jouée à la main pour inscrire ce qui allait être le seul essai français du match. 

Car la deuxième mi-temps allait voir l’heure de gloire de Brian O’Driscoll qui réalisait le coup du chapeau ce jour là en inscrivant trois essais. Gérald Merceron, avec 100% de réussite au pied, ne parvint pas à empêcher la marée verte. Après le dernier essai de O’Driscoll, les Irlandais ne furent plus qu’à un point de l’exploit. Le même écart sur lequel ils s’étaient inclinés en 1999. Le XV du Trèfle ne voulut pas une nouvelle fois revenir bredouille de son voyage à Paris. La dernière pénalité, réussie des 40 mètres par David Humphreys, rentré en remplacement de Ronan O’Gara, donna la victoire à l’Irlande. 

La victoire du Grand Chelem

Deux ans plus tard, le 6 avril 2002, la rencontre France-Irlande connaissait une configuration tout à fait différente. Les Bleus transcendés par leurs cinq victoires précédentes s’apprêtaient à remporter le premier grand Chelem à Six Nations. Les Irlandais furent victimes de la confiance des Français qui, en inscrivant cinq essais, s’imposèrent 44 à 5.

L'entame des Français fut magistrale. Il ne leur fallut que trois minutes pour percer le rideau irlandais et inscrire le premier essai : Serge Betsen servi par Gérald Merceron fonça au-delà de la ligne pour le premier essai du match. Mais la réplique irlandaise ne se fit pas attendre. Keith Wood, lancé comme un obus, aplatit. Puis le match vira à la démonstration. A la 21ème, Nicolas Brusque signa le deuxième essai tricolore (18-5 pour la France). Quelques minutes après, Aurélien Rougerie se lança dans un sprint de 40 mètres pour le troisième essai français. A la mi-temps, l'équipe de France menait 28-5.

La deuxième mi-temps fut à sens unique. Betsen, encore lui, aggrava la marque en réussissant son deuxième essai du match. Le biarrot en bout de ligne conclut l’énorme travail initié par le pack français. Nicolas Brusque inscrivit lui aussi son deuxième essai du match sur un magnifique mouvement collectif qui fit appel à Gelez, Pelous, Martin, et Traille. La France emporta ce match 44 à 5 et dans la foulée son septième grand chelem.

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Avant match : France-IrlandeAvant match : France-Irlande


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