C’est le cri du cœur qu’a lancé hier l’entraîneur du XV de France, Bernard Laporte, à l’attention de tous. A la question d’un journaliste portant sur le prochain match de l’équipe de France contre l’Irlande à Melbourne, terre historiquement irlandaise, Laporte a appelé les supporters à plus se faire entendre dans les stades. « Nous avons eu le même problème à Townsville avec les Japonais », a expliqué Bernard Laporte. « La question est de savoir où sont les Français ! »
On sait qu’il y en a sur le terrain, ils sont aisément reconnaissables. Mais ceux-ci ne semblent pas entendre suffisamment ceux qui se trouvent dans les tribunes. Et pourtant, ils sont là !
Dernier arrivage de supporters cette semaine
Lorsque les supporters se déplacent, il ne manque plus que la baguette, le fromage et le pâté pour se rappeler le pays. Venus majoritairement du sud de la France, patrie du rugby s’il en est, ils se sont pourtant déplacés en nombre depuis le début de la compétition. Sans compter ceux, déjà nombreux, à résider déjà en Australie. « On attend les derniers supporters mercredi et jeudi », avait expliqué Jo Maso, le manager de l’équipe de France.
Lors du match à Townsville contre le Japon, de même que contre l’Ecosse au Telstra Stadium de Sydney, les sifflets des supporters adverses semblaient couvrir les cris des coqs gaulois. Heureusement, cela n’a pas pénalisé les Bleus qui ont remarquablement débuté cette Ve Coupe du Monde de Rugby.
Dans l’ambiance des tribunes
Lors du match contre les Etats-Unis dans le charmant Win Stadium de Wollongong, environ 70% des supporters étaient du côté de la France. Nombreux et chaleureux. « Il n’y a que les journalistes français qui n’ont pas chanté La Marseillaise au nom de leur soit disant déontologie », devait sourire Jo Maso qui n’en pensait pas moins. Etre journaliste empêche-t-il d'être patriote ?
Dans la tribune ouest, des banderoles avaient été déroulées. Les visages et les cheveux peints se comptaient par dizaines. Une banderole au fond : « Limoujoux. Allez France ! » Au centre d’un drapeau tricolore était marquée l’inscription « Just married ». Joli cadeau de mariage pour deux tourtereaux fans de rugby. Au dernier rang, à la mi-temps, un gâteau d’anniversaire avait été sorti pour que mamy souffle ses bougies. Pour toutes ces personnes et pour les autres, ce match était un cadeau. Victoire de la France 41 à 14 sur les Américains.
Et comme en France, on pouvait entendre les mêmes réflexions de stade, les mêmes invectives sur le pauvre « jaune » (l’arbitre) au milieu des joueurs, les mêmes pseudo conseils à l’attention de ceux qui se démenaient sur le terrain. « Ah si j’y étais ! », lâchait un supporter qui pensait sans doute qu’il aurait été meilleur que les autres. « Hé les Bleus ! On n’a pas payé notre billet pour rien ! », lançait un autre qui ne permettait pas une perte de balle.
Un temps, on craignait que la Fédération Française de Rugby ne reçoive des centaines de billets d’avion à rembourser de la part de supporters mécontents en cas de défaite des Tricolores.
Que Bernard se rassure…
Mais les Français ne sont pas du genre à laisser tomber leur équipe. Et, comme dirait l’autre, « Un bon supporter n’abandonne jamais son équipe, même dans la défaite ».
Les Tricolores sentent la pression monter de jour en jour dans leur entourage. Mais ils gardent la tête froide. Confiants dans la compétition, ils ne veulent pas décevoir leurs fans. Beaucoup de Français se trouveront dimanche dans le Telstra Dome de Melbourne. Car sans la chaleur du public, une équipe a moins de chance de gagner. Elle sait que même au bout de ses forces elle pourra compter sur le 16e homme : la foule.