Les Français ont pour le moment marqué 54 points en moyenne lors de leurs trois victoires en Poule B de la Coupe du Monde de Rugby 2003 contre les Fidji, le Japon et l’Ecosse.
Mais la mauvaise nouvelle pour ceux qui les affronteront en quarts de finale est que les Français n’ont pas encore atteint leur meilleur niveau.
Du moins, c’est l’opinion de leur deuxième centre Tony Marsh. « Je ne pense pas que nous sommes à fond. Nous sommes capables de beaucoup mieux », insiste-t-il.
Mesure de précaution
Lorsque rugbyworldcup.com a réussi à le joindre, Marsh se trouvait allongé sur une table de massage, en pleine séance de soins.
Son talon d’Achille l’oblige en effet à se tenir à l’écart du terrain pour le dernier match de Poule B contre les Etats-Unis à Wollongong demain.
En tout cas, ce n’est qu’une mesure de précaution et Marsh devrait être d’attaque pour les quarts de finale.
Il a été aligné lors des trois premiers matches des Bleus et est apparu comme un des pur-sang du squad français depuis le début du tournoi.
« Je ne crois pas que nous avons beaucoup donné depuis le début », explique-t-il. « Je ne joue toujours pas à mon top niveau. »
Le miraculé
Le fait qu’il soit en compétition pour cette Coupe du Monde de Rugby 2003 tient du miracle ou plutôt de son courage extraordinaire.
Agé de 31 ans, ce Néo-zélandais d’origine a été obligé de mettre sa carrière entre parenthèses pendant près d’un an suite à un cancer des testicules qu’il a combattu fièrement.
Il est donc revenu dans l’équipe nationale malgré une déchirure musculaire au mollet lors du camp d’entraînement en France avant la Coupe du Monde.
« Pendant un temps, j’ai pensé tout laisser tomber. Je ne me voyais pas aller à la Coupe du Monde de Rugby à 50% de mes possibilités seulement », a-t-il expliqué.
Mais chaque effort de Marsh a convaincu l’entraîneur Bernard Laporte de l’intégrer dans sa ligne d’attaque. L’histoire est pour le moment loin de lui donner tort.
A défaut de devenir All-Black
Il est long le chemin parcouru depuis ce jour où, il y a cinq ans, Tony Marsh signa un contrat avec le club de Montferrand.
Malgré une belle saison pleine de succès dans le Super 12 avec les Crusaders, champion cette année-là, une sélection dans les Maori de Nouvelle-Zélande et une dans l’équipe A NZ, Marsh ne voyait pas de possibilités à la réalisation de son rêve : venir jouer un jour aux côtés des All-Blacks.
Ironiquement, il pensait que ce déménagement lui avait même fermé les portes de ses aspirations rugbystiques au niveau international.
« Concrètement, je ne me voyais pas passer à l’échelon supérieur », ajoute-t-il. « Venir en France n’était pas uniquement jouer au rugby, c’était aussi apprendre une autre culture, un autre mode de vie. »
Un choc culturel
Il a fallu du temps pour que cet habitant d’Auckland s’acclimate à son nouvel environnement. Une année durant, il était même difficile pour lui de tenir la moindre conversation en français.
Mais ses performances sur le terrain se passaient de tout commentaire et de toute autre communication.
Aujourd’hui, il possède quatorze sélections en équipe de France et peut-être même la chance de jouer bientôt contre sa mère patrie sur la plus grande scène de rugby au monde.
A propos, est-ce qu’il avait le moindre état d’âme lorsque les Français ont défait les All-Blacks en demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby 1999 ?
« A ce moment, je supportais les All-Blacks. Les coéquipiers de mon club n’avaient pas arrêté de me charrier après notre défaite», se souvient-il.