«C’est une fête, une belle aventure et on positive tout ». Difficile d’être plus enthousiaste. A 54 ans, Georges Saurel n’est pas du genre blasé. Déjà vainqueur en tant que joueur et qu’entraîneur du Bouclier de Brennus entre les années 70 et 80, l’homme ne trouve plus de défis à relever dans l’hexagone. Il choisit alors de s’expatrier. Mais la Géorgie n’est pas sa première terre d’accueil. Il pose d’abord ses valises et son savoir au Maroc où il s’occupe de la sélection nationale durant les années 1990.
Le temps retrouvé
Mais en 1997, alors qu’il est invité pour un audit sur le rugby géorgien, il reste et deux ans plus tard, prend les commandes des Lelos, le XV géorgien.
Et d’en faire une équipe compétitive avec des moyens limités. Il envoie de nombreux joueurs dans les championnats français afin de les accoutumer au haut niveau et il change, non sans mal, le fonds du jeu géorgien. D’un jeu basé sur des avants puissants et laissant un peu de côtés les arrières, il en fait un jeu plus rapide, plus enlevé… plus french flair ; sans pour autant renier la tradition d’un pack musclé.
Pour cela il a fallu passer du temps avec l’équipe. «C’est difficile. Quand on entraîne un club comme Béziers, on a du temps on peut développer le jeu […] mais avec une équipe nationale c’est beaucoup plus difficile car les joueurs sont un peu partout. A l’occasion de cette Coupe du Monde, on a pu travailler plus en profondeur. C’est la première fois qu'on se trouve aussi longtemps ensembles ». Ce qui créer des liens de groupe, difficile de lui soutirer un « je » l'homme préférant dire «nous» ou «on».
La plupart du temps il reste en France mais une fois par mois, il se rend en Géorgie durant une dizaine de jours pour voir les joueurs qui évoluent là-bas.
Aujourd’hui il sait que son équipe ne battra pas les Anglais. « On ne veut pas se faire humilier, on veut donner la meilleure image possible de la Géorgie ». On le sent, il est solidement attaché à ses joueurs, son équipe, à sa terre d’adoption.