L’un a des cheveux, l’autre pas. Ils sont par contre tous les deux capitaines. Fabien Galthié, 34 ans, demi de mêlée, est capitaine de l’équipe de France et Keith Wood, 32 ans, talonneur, est celui de l’Irlande. Les deux souhaitent mettre un terme à leur carrière dès la fin de la compétition. Ce soir, l’un des deux sera retraité…
Galthié compte 62 sélections dans sa carrière, dont 13 en Coupe du Monde. Son homologue en totalise 57, dont 9 en Coupe du Monde. Le premier est plus âgé, a plus de bouteille, mais le second a inscrit cinq fois plus de points en Coupe du Monde. L'un est-il meilleur que l'autre?
Galthié/Wood
A deux reprises, Galthié et Wood se sont affrontés. En 1997, la France avait battu l’Irlande 32 à 15. En 2002, même chose, mais score plus large : 44 à 5. En 1994, Galthié avait gagné contre l’Irlande 35 à 14 alors que Wood était resté sur le banc. L’inverse s’était produit en 1998 où la France avait encore gagné, cette fois 18 à 16. Si on s’en tient aux faits et aux chiffres, Galthié prend à chaque fois le pas sur Wood. Pourtant, Galthié fait figure de chaperon rouge avec ses 86 kg face au loup Wood, fort de 105 kg.
Internationalement reconnus, les deux capitaines ont chacun été élu meilleur joueur de l’année. Wood en 2001, Galthié l’année d’après. Même s’ils se respectent mutuellement, ils ne se feront pas de cadeau sur le terrain ce soir à Melbourne. « Il ne faut pas trop laisser la place aux sentiments. Il y en aura bien assez après le match », a confié Fabien Galthié à nos confrères de L’Equipe.
Michalak/O’Gara
Michalak est le jeunot, 21 ans, tandis que O’Gara a cinq ans de plus que lui. Tous deux sont demi d’ouverture et c’est à eux que revient la tâche des coups de pied. Même si O’Gara paraît plus expérimenté (37 sélections dont 4 en Coupe du Monde), Michalak (15 sélections dont 3 en Coupe du Monde) participe lui aussi à son premier tournoi mondial.
Des deux, c’est le Français qui a pour le moment marqué le plus de points (78) en devenant le meilleur marqueur du tournoi en trois rencontres seulement. O’Gara n’a pour l’instant pu offrir que 30 points à son équipe. En moyenne, Michalak a un taux de réussite de 80.3% dans ses tirs tandis que O’Gara ne se place pas loin derrière. Ce soir, le score reposera en partie sur eux.
Laporte/O’Sullivan
Les deux entraîneurs Eddie O’Sullivan et Bernard Laporte ont décidé d’aligner des équipes relativement expérimentées avec une moyenne d’âge voisine des 28 ans. Chacun a su apporter plus de tactique dans le jeu mais aussi un souffle nouveau aux joueurs, les invitant à plus réfléchir sur leurs adversaires. O’Sullivan s’y attache depuis 2001 et Laporte depuis 1999. Aujourd’hui, les deux équipes se trouvent à égalité au classement mondial de l’IRB, à la 5e place. La comparaison s’arrête là ; les autres chiffres étant connus.
Conquérant, le manager de l’équipe de France Jo Maso devait déclarer cette semaine : « Nous respectons les Irlandais. Mais il faut qu’ils sachent qu’on rentrera sur le terrain pour les battre. »
France/Irlande
L’Irlande retrouvera à Melbourne une forte concentration de compatriotes ; la capitale du Victoria étant historiquement un bastion irlandais. Mais le XV du Trèfle ne se sentira pas pour autant comme à la maison, à Lansdowne Road, avec son crachin si particulier et son humidité malicieuse poussant à la faute. Le toit du Telstra Dome de Melbourne sera en effet fermé, ce qui permettra aux joueurs d’évoluer sur un terrain sec.
Côté français, habitués à jouer dans des bastions qui ne leur sont pas forcément favorables, à l’image de Townsville contre le Japon où le XV tricolore avait remporté la victoire 51 à 29, ils devraient compter sur une forte présence française dont une grande partie a fait le voyage de France cette semaine.
Mais la plus grosse différence entre les deux équipes pourrait résider dans la fraîcheur des joueurs. Ce sera le troisième gros match des Irlandais en deux semaines, tandis que les 22 Bleus n’ont pas joué depuis 15 jours en raison du match France-USA qui a reposé les titulaires. Historiquement, l’Irlande n’a jamais gagné un quart de finale alors que la France n’en a perdu qu’un seul en 1991. Suite de l’aventure à 18h30, heure de Sydney…