Le choc de l’hémisphère nord entre la France et l’Angleterre, gâché par la pluie et le vent, a tourné à l’avantage des Anglais, qui l’emportent 24 à 7, après un match haché et rugueux.
Wilkinson fut le grand bonhomme de la rencontre : il a inscrit la totalité des points pour son équipe (cinq pénalités et trois drops !), et géra la partie d’une main de fer, faisant souffler les siens par des coups de pied de mammouth.
Le jeu au pied, c’est justement ce qui fit défaut aux Français. Frédéric Michalak, habituellement très en verve, a manqué quatre pénalités en moyenne position.
Le demi d’ouverture tricolore, qui n’avait que très peu utilisé le jeu au pied face aux Irlandais, a tapé 15 des 24 ballons qu’il a reçu !
Wilkinson quant à lui a beaucoup utilisé son 5/8 Mike Catt pour son jeu au pied.
Le pack anglais
La grosse surprise provient cependant de la performance des avants anglais : puissants en mêlée (ils poussèrent à plusieurs reprises le pack français) efficaces dans les mauls pénétrants et les mêlées ouvertes, et bons en touche (ils prennent 3 ballons sur lancer français), ils sont à la source du succès anglais.
Cet incroyable tour de force a permis à la troisième-ligne (Dallaglio-Hill-Back) de jouer dans un fauteuil et de mettre une pression considérable sur les attaquants français.
La discipline laissa beaucoup à désirer chez les Bleus. Ils jouèrent vingt minutes à quatorze sur la totalité du match ! Dominici, en première mi-temps, sur un plaquage dangereux, et Betsen, sur un plaquage à retardement en seconde période, manquèrent beaucoup aux Français.
Les tricolores furent pénalisés à treize reprises : Wilkinson tenta 8 de ses pénalités, et en réussit 5, en moyenne position.
La bataille du territoire
Concernant l’occupation du territoire, il n’y eut pas photo non plus : les Anglais jouèrent dans le camp adverse 60% du temps, abreuvés de ballons propres issus de mêlées ouvertes admirablement négociées.
Cependant, si les Britanniques ont passé 6 minutes, principalement sur la fin du match, dans les 22 mètres français (contre 2 aux tricolores), ils n’ont pu forcer la défense tricolore pour marquer un essai.
Le chiffre caractéristique de ce match est incontestablement le nombre d’en-avants : 34 fautes de main furent commises au long du match ! Egalité parfaite dans ce domaine, 17 côté français contre 17 côté anglais.
Les conditions climatiques furent à l’origine de ses nombreuses maladresses. Les Français, qui avaient tablé sur un projet de jeu ambitieux (faire courir le ballon étant la seule façon de poser problèmes aux Anglais) n’ont pu le mettre en place.
Le résultat est donc conforme à la logique. Les Anglais, mieux préparés à ce genre de match, plus efficace dans le jeu au pied, l’emportent 24 à 7. Le Telstra Stadium a comme des airs de Twickenham…