Lorsque la France et l’Angleterre s’affronteront en demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby, il faudra garder un œil sur les joueurs qui porteront le N°2 dans chaque équipe. Steve Thompson du côté de la Rose, Raphaël Ibanez du côté du coq.
Les deux arrivent à un moment important de leur carrière et ils ont tellement en commun. Ils ont su remodeler le jeu du talonneur à leur propre image, s’inspirant l’un de l’autre.
N°7 Thompson ; N°6.5 Ibanez
Thompson est un talonneur qui pourrait très bien joué flanker. L’Anglais de 188 cm et 117 kg se mesurera au Français plus petit que lui, Ibanez 180 cm et 93 kg, qui lui-même tentera de voler des balles aussi souvent que possible.
Pour sa part, Ibanez pourrait avoir le N°6.5 imprimé dans le dos. Partout où son coéquipier Betsen s’élance, Ibanez le suit.
Si l’Angleterre a besoin d’une petite poussée stratégique dans la défense adverse, Thompson est l’homme de la situation, sortant en courant d’un regroupement et d’une touche. En 22 sélections pour l’Angleterre, il n’a perdu que deux fois. Mais dans les deux cas, l’adversaire était la France.
« J’ai toujours respecté les Français », a déclaré Thompson. « Chaque match que j’ai disputé face à eux, ils ont toujours été très bons et c’était de très belles rencontres. Ils combattent très bien face à nous. »
Le retour d’Ibanez
Thompson joue actuellement pour Northampton, en Angleterre, tandis que Ibanez va rejoindre Saracens après le tournoi. Le natif de Dax a été pour la première fois capé en 1996 contre le pays de Galles. Il est devenu capitaine en 1998 et a mené la France pour son deuxième Grand Chelem consécutif.
Il fut néanmoins critiqué pour sa piètre prestation lors du tournoi des V Nations, mais ceci ne l’a pas empêché d’accéder au capitanat des Bleus lors de la Coupe du Monde de Rugby 1999 où la France était allée jusqu’en finale.
Lorsque Bernard Laporte arriva à la tête des Tricolores, Ibanez repassa son brassard de capitaine à Fabien Galthié et perdit sa place dans l’équipe. Il n’en resta pas moins prêt à revenir, montrant sans cesse de quoi il était capable, si bien qu’il regagna ses galons pour les VI Nations et la tournée en Australie en 2002.
« Aujourd’hui, Fabien est notre homme. Tous ceux qui ont de l’expérience sont là pour servir l’équipe », précise Ibanez. « Il y a une grosse différence depuis 1999. Il y a eu une évolution très importante dans le rugby, mais dans la compétition, nos coéquipiers sont tous très déterminés. »
Ibanez appréhende la future confrontation, conscient du face à face qui l’attend : « Ca va être énorme, intense, ça va être très difficile du point de vue physique. C’est une de leurs qualités aux anglais, leur dimension physique.
Mais ce n’est pas pour ça qu’on ne pourra pas les battre. Nous savons que ce sera un événement pour les deux équipes. Les Anglais ont planifié ce match depuis quatre ans et maintenant nous y sommes. Il n’y a aucun doute que nous seront prêts. »
Thompson le mobile
Après sa sélection pour la tournée en Amérique du Nord en 2001, Thompson fut le seul joueur à être aligné à chacun des matches de l’Angleterre pendant les VI Nations en 2002. Il est aujourd’hui reconnu comme un talonneur de premier choix. Il a marqué son premier essai contre l’Italie en 2003. Grand et mobile, Thompson a été l’un des meilleurs porteurs de balle lors de cette saison.
Lorsque l’Angleterre fut éliminée de la Coupe du Monde en 1995 et 1999, Thompson était dans un pub à regarder la télévision. Considérant la prochaine demi-finale de dimanche, il imagine la chance qu’il a de prendre sa revanche…
« Les talonneurs doivent être extrêmement en forme. Beaucoup le sont par nature, mais ce n’est pas mon cas », explique Thompson. « J’avais l’habitude de jouer troisième ligne, mais mon ancien coach de Northampton, Ian McGeechan, m’a conseillé de bouger en première ligne il y a de ça plusieurs années.
J’ai joué pilier pendant un moment, mais c’était un boulot trop dur pour moi. Jouer talonneur est en fait le meilleur des deux. Je suis juste au centre de la mêlée, mais je peux aussi courir autour et prendre place comme le ferait un troisième ligne. »