Auradou, Betsen, Brouzet, Crenca, Dominici, Galthié, Ibanez, Labit, Magne, Merceron et Pelous n’en sont pas à leur première Coupe du Monde de Rugby.
Galthié, le vétéran, vivait là sa quatrième édition. Magne, Brouzet et Pelous, leur troisième. Les autres, leur deuxième. Pour une bonne moitié du squad tricolore, l’heure était à la nouveauté.
La demi-finale perdue face à l’Angleterre n’a pas seulement anéanti les rêves des Français de porter fièrement la Coupe Webb Ellis au soir du 22 novembre. Ce match perdu a sonné le glas d’un rugby que l’on avait pris l’habitude de connaître au fil des compétitions internationales.
Des joueurs frais et dispos !
Comme le confiaient l’entraîneur Bernard Laporte et le manager Jo Maso, les joueurs de dimanche soir, sont sortis du match lessivés, exténués aussi bien mentalement que physiquement. A l’image du capitaine Fabien Galthié qui, conscient d’avoir perdu la motivation qui le faisait vivre, a préféré raccrocher les crampons. « Pendant un long moment j’ai vécu rugby, mangé rugby, dormi rugby », explique-t-il aujourd’hui. « Je retourne dès demain à une vie normale. »
Exit donc la mémoire vivante du rugby français encore en activité. Pour le match de jeudi face à la Nouvelle-Zélande, la petite finale, Laporte a décidé de sortir ses nouvelles cartouches.
« Ce sont des joueurs frais et prêts », explique celui qui pourrait bien rempiler pour quatre ans à la tête de l’équipe de France. « Ce sont essentiellement de jeunes joueurs qui ont de fortes chances de jouer pour la Coupe du Monde de Rugby 2007. »
Jo Maso renchérit de son côté : « Cette équipe de France ne représente pas que le XV pour ce match mais aussi le moyen et le long terme du rugby français. »
Les têtes brûlées
Décidément, Fabien Galthié restera dans les mémoires. Charismatique, emblématique, il faudra lui trouver un successeur digne. Pour l’heure, l’entourage des Bleus table sur Yannick Bru qui avait déjà conduit le XV contre les Américains à Wollongong lors du dernier match de poule.
Une carrière internationale commencée en 2001 contre l’Australie, un titre de champion d’Europe en 2003 et bientôt cinq sélections en Coupe du Monde de Rugby. Bru est né en 1973, Galthié en 1969. Quatre ans les sépare, comme deux Coupes du Monde de Rugby. Aujourd’hui, il n’a pas la tâche facile et a bien conscience de la symbolique du prochain match. Bru compte bien mener dignement ses hommes qui n'auront plus rien à perdre ; une équipe de têtes brûlées.
« On prépare le match dans une ambiance de tristesse, 24h après l’échec contre l’Angleterre », a-t-il confié sur les ondes de Sud Radio. « Il n’y a quasiment plus d’enjeu dans ce match si ce n’est de finir en beauté. C’est une équipe de joueurs qui n’a pas beaucoup eu de temps de jeu. Nous nous préparons avec beaucoup de concentration. L’équipe est un peu démobilisée en ce moment surtout pour ses cadres supérieurs. Mais nous ne voulons pas avoir une désillusion de plus. »
Baptême du feu
Le squad de jeudi a donc tout à prouver pour sauver l’honneur un peu égratigné d’un XV Tricolore que l’on donnait facilement favori pour cette Coupe du Monde. Face aux All-Blacks, le nouveau venu Thibault Privat (fraîchement arrivé suite à la blessure de Brouzet) fera son baptême du feu en Coupe du Monde, tandis que David Bory et Dimitri Yachvili ne joueront que pour la deuxième fois.
Sur le banc et dans les tribunes, les aînés regarderont avec intérêt et fébrilité ceux qui pourraient bien prétendre à l’obtention du trophée le 20 octobre 2007 en France. La revanche commence jeudi...