Les champions du monde en titre contre des compétiteurs féroces, c’est l’équation toute simple du match de samedi soir. On n’évoque pas ici, bien évidemment, le match qui se déroulera sur le terrain mais celui des tribunes.
Donc quand les supporters entonneront à pleine voix lors de la finale face aux Wallabies, « Swing Low, Sweet Shariot », les fans locaux entameront dans la foulée « Waltzing Matilda » ou le refrain « Aussie, Aussie, Aussie, Oi, Oi, Oi ».
Les Australiens sont des compétiteurs féroces lorsqu’il s’agit d’affronter les Anglais. Ils ne supportent pas de s’incliner quelle que soit la discipline face à leurs anciens colonisateurs.
Histoire d'une rivalité
Cette rivalité a un passé intéressant. Tout d’abord, les fans australiens savent pourquoi ils sont là. Quand les Lions britanniques vinrent en Australie en 2001, leurs supporters avaient tendu une embuscade dans le stade, tout de rouge vêtus et chantant à tue-tête.
Aidé des supporters et des médias, l’ARU, la Fédération Australienne de Rugby, avaient demandé à ses supporters de faire plus de bruit et de se vêtir d’or, la couleur des Wallabies, pour les deux derniers tests.
C’est là que le bât blesse pour les fans locaux. Les supporters australiens traditionnels ne sont historiquement pas les plus bruyants et ont toujours regardé les matches d’une façon plus civilisée.
Le plus grand succès de la Coupe du Monde de Rugby 2003 a été sa capacité de faire découvrir le rugby à toute la population australienne et en même temps sont apparus les visages peints et les chansons.
Les Australiens ne chantent pas
Mais est-ce que ces débutants sont prêts pour le dernier match ? Quelque soit le score, l’atmosphère sera électrique.
Les Australiens bien que très patriotes, n’ont jamais été très porté sur les chants. Beaucoup d’Australiens reconnaissent ne pas connaître leur hymne national. Mais la nation s’est réveillée pour affronter sa rivale dès le début du match.
La tension a déjà commencé à s’accroître lorsque les Australiens ont gagné le tirage au sort et décidé que “Advance Australia Fair” suivrait “God Save the Queen”.
Chanter en “Live”
De toute façon, les foules ne devraient pas chanter qu’au Telstra Stadium. Dans les sites de rugby « live », on promet également aux fans qui n’ont pas pu avoir de tickets, une expérience mémorable.
La semaine dernière plus de 30000 personnes garnissaient les sites de l’Opéra House, de Darling Harbour, du Rocks et de la zone proche du Telstra Stadium. Des groupes et d’autres exhibitions offraient de quoi faire la fête à volonté.
Les mêmes places devraient être pareillement remplies ce week-end avec des milliers de supporters anglais arrivés ces deux dernières semaines. Tous espèrent assister à la première grande victoire anglaise depuis le succès en Coupe du Monde de Football en 1966.
Des sites « live » seront accessibles partout en Australie avec toutes les capitales des états prêtes pour accueillir les fêtes finales avec des écrans géants et des concerts.
Faire la fête à l’autre bout du monde
Mais les rassembelemnts pour assister au match n’auront pas lieu qu’en Australie.
Les pubs en Angleterre ouvriront leur porte à 8h00 GMT (9 heures en France et 19 heures en Australie), samedi, pour accueillir les fêtards en vue du grand événement.
Comme Londres est la destination n°1 pour de nombreux australiens qui veulent découvrir de nombreux horizons, il y aura un bon paquet d’Aussies dans la capitale anglaise.
L ‘une des bonnes adresses sera le Walkabout Pub dans Covent Garden, une maison d’accueil pour les Australiens de passage. Avec des portes qui ouvriront à 8 heures, les propriétaires espèrent être complets à 8h30. Ils serviront d’abord un petit déjeuner complet avant la première bière.
Le Marylebone Tup s’attend lui aussi à recevoir une foule importante et ne pense pas que le samedi matin rebutera les envies d’alcool de ces clients. Leur promotion sur la bière australienne ne possède qu’une seule restriction : la quantité disponible en stock.
Les stades sont prêts, les fans sont impatients, la seule question qui reste en suspens est celle-ci : qui fêtera la victoire ?