« Tout est dans la tête » se tuent à répéter les entraîneurs du monde entier à leurs ouailles. La méthode a fait ses preuves, incontestablement.
Samedi, au Telstra Stadium de Sydney, pour l’événement sportif le plus important de l‘année, la finale de la Coupe du Monde de Rugby, entre deux équipes sportivement si proches, la psychologie et la préparation mentale feront encore la différence : en effet qui de l’Angleterre, qui n’a jamais remporté le trophée, ou de l’Australie, poussée par tout un peuple, s’adaptera le mieux à la pression ?
Lors des demi-finales, les Wallabies ont démontré une rage de vaincre invraisemblable face à des Néo-Zélandais pourtant donnés archis-favoris.
Un match vital
La capacité des Anglais à rester pragmatiques et se concentrer exclusivement sur un objectif, comme ce fut le cas face aux Français en demi-finale, est également remarquable.
Tony D’arcy, le coach assistant de l’Irlande, émet un point de vue intéressant à ce sujet : « La Nouvelle-Zélande n’était tout simplement pas prête mentalement. Il aurait fallu qu’ils jouent comme si leurs vies dépendaient de ce match », a-t-il déclaré.
« Ils n’ont pas compris que leurs opposants étaient déchaînés, et n’ont pas su se dépasser. Le trophée ira à celui qui saura le mieux négocier la pression.
Les Anglais ont été l’équipe la plus compétitive de l’année. Demain, ce sera l’heure pour eux de confirmer leur niveau et leur statut de favori.
La pression des médias
« Les Wallabies ont souffert de nombreuses blessures et doivent supporter la pression incroyable que leur met sur les épaules la presse australienne. La victoire face aux All Blacks a quelque peu calmé les esprits, mais ils se doivent de confirmer leur prestation.
« Je ne me risquerai à aucun pronostic », a poursuivi D’arcy. « Tout dépend quelle équipe se mettra dans la tête qu’une victoire pourrait la conduire dans une extase jusque là inconnu. »
Au détour d’une phrase, l’Irlandais avoue cependant que son favori du cœur reste l’Australie… La rivalité Irlande – Angleterre est encore bien vivace. Il émet des doutes cependant sur la capacité des champions du monde en titre à réitérer leur match parfait en finale de coupe du monde.
L'Angleterre et ses doutes
« Il n’est pas évident de répéter de telles performances. Leur victoire en demi - finale, ils ont été la chercher très loin, aux frontières des limites humaines… Il est très dur de revenir de lointains périples. »
Au crédit des Wallabies cependant, le fait d’avoir disposé de sept jours de récupération, contre six aux britanniques.
« De plus, les Australiens n’ont jamais joué les chiens battus, se sont toujours dépassés. Les Anglais, ont, quant à eux ont, je crois, plus de mal à assumer leur rôle de favori…
« Rappelez-vous : ils étaient déjà favoris en 1999, en 1995 ils avaient craqué face aux All Blacks, et en 1991 face aux Wallabies. Sans mentionner les récents Tournois des VI Nations… Il leur faut évacuer cette montagne de doutes accumulée au fil des ans. »