Depuis le début de la Coupe du Monde de Rugby, deux tendances se font face sur les terrains : celle utilisant le tee (support en plastique permettant de positionner la balle) et celle préférant le sable pour taper les pénalités et les transformations.
Il semble que les nations les plus anciennes sur le plan du rugby international (Angleterre, France, Australie, Nouvelle-Zélande…) préfèrent de loin utiliser le support en plastique alors que les plus jeunes (Argentine, Samoa…) préfèrent le petit tas de sable.
Aucun contrôle sur le tee
Alors que les règles du rugby se peaufinent au fil des années, il semble qu’aucune règle ne régisse encore l’utilisation du tee. « Depuis environ six ans, nous avons vu l’apparition du tee sur les terrains », explique le formateur de l’IRB Bruce Cook.
« Auparavant, les joueurs avaient l’option de planter la balle dans le sol, après avoir creusé un petit trou dans la pelouse avec leurs crampons, ou bien d’utiliser un petit tas de sable qui serve de support à la balle avant le coup de pied. Encore aujourd’hui, c’est à la volonté du joueur. Il n’y a aucune règle à ce sujet. Il peut utiliser le support qu’il souhaite. »
Dans la grande majorité des cas, les buteurs optent pour la solution tee, d’abord apparue en rugby à XIII avant de faire son entrée dans le XV. Plus facile, plus pratique, d’utilisation plus rapide. Il suffit de poser le petit support en plastique sur la pelouse, de bien positionner la balle dessus et le coup de pied peut être tapé. Sans perdre de temps, la pénalité ou la transformation sont marquées.
« L’avantage du tee est qu’il apporte plus de consistance au maintien de la balle ainsi qu’une certaine hauteur », poursuit Bruce Cook. « Le tee est également plus stable que le sable, il permet de bien positionner la balle pour mieux l’orienter. Mais de là à dire que la technologie va évoluer autour du tee, je ne pense pas. »
A la mode Quesada
L’opinion de Cook n’est apparemment pas partagée par Gonzalo Quesada, le demi d’ouverture argentin. Fervent défenseur du petit tas de sable, il y voit en effet plus d’avantages que le support plastique.
Dans ses entraînements ou durant les matches, il jongle pourtant avec l’un ou l’autre. « Chaque fois que j’utilise un tee, je suis limité dans mes possibilités d’orienter la balle comme je l’entends », explique-t-il.
« Avec le sable, je modèle mon support comme je le souhaite, je règle la hauteur avec plus ou moins de sable. Je peux faire plus de choses comme choisir mon angle de tir, la forme du support… Chaque fois que j’ai utilisé un tee, j’ai manqué mes coups de pied. Par contre, je vais continuer à m’entraîner avec car si les autres y arrivent, pourquoi pas moi.»
L’inconvénient du sable
Il semble que le principal défaut du sable soit la perte de temps. Entre le moment ou le « sandboy » apporte le seau sur le terrain et le coup de pied, un bon laps de temps peut-être perdu. Quesada y passait en moyenne 1’30 avant de tirer ses pénalités. Depuis 1999, l’IRB a ramené le délai à une minute seulement. Justement à cause de Quesada !
« Le plus ennuyant pour moi est pendant les entraînements », enchaîne Quesada qui joue à l’ouverture en France à Narbonne. « Je m’entraîne aux coups de pied trois fois par semaine et je perds énormément de temps à modeler mes tas de sable avant de tirer. En plus, bien souvent je suis obligé d’aller chercher du sable sur le parking car il n’y a pas dans le stade… »
Mais Quesada risque bien de changer sa manière de penser suite à son expérience en Coupe du Monde. Il a aperçu des tees que l’on pouvait régler pour choisir la bonne hauteur, le bon angle… Encore un défi technologique dans le rugby ?